Défense Pirc 

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La Défense Pirc, parfois appelée Défense Ufimtsev ou Défense Yougoslave, voit les noirs répondre à 1.e4 par 1.d6, souvent suivi de Cf6, g6 et Fg7; les blancs, pour leur part, viennent littéralement dominer le centre, en disposant leurs pions en d4 et e4 (ce qu’on appelle un centre de pions classique). Elle doit son nom au GM Slovène Vasja Pirc ( [p  i : r t s] ). Les variantes de la Défense Pirc sont répertoriées dans les sections B07 à B09 de l’ECO.

pirc

1 Remarques d’ordre général.

1.1 Sortir des bases

1.2 L’attaque Autrichienne

1.3 Système Classique (des Deux Cavaliers)

1.4 Attaque Argentine et variante des 150 attaques

1.5 Autres systèmes

2 Parties illustratives


1 - Remarques d’ordre général

La Défense Pirc est une ouverture relativement jeune. Dans les thirties, on la supposait inférieure, mais, depuis les sixties, on la trouve plutôt jouable. Cette ouverture est difficile à jouer (voire sournoise), et contre-intuitivité va parfois faire office de précision. Les noirs jouent ‘à l’hypermoderne’ : ils ne s’emparent pas de suite du centre avec leurs pions, mais s’attèlent au lieu de celà à saper le centre de pions des blancs avec leurs pièces.

L’ordre des coups n’est pas aussi important dans la Pirc que dans les autres ouvertures, mais la séquence la plus usuelle est 1.e4 d6 2.d4 Cf6 3.Cc3 g6, les noirs fianchettant leur fou en g7 au coup suivant. On peut atteindre la position de l’attaque Autrichienne par transposition d’une Défense Moderne/Robatsch (1.e4 g6 2.d4 Fg7 3.Cc3 d6 4.f4 Cf6).

D’après la base de données Chessgames.com, la plus vieille Pirc date de 1887 et opposa Josef Noa à Amos Burn à Frankfurt.


1.1 Sortir des bases

Après 1.e4 d6 2.d4 Cf6 3.Cc3, 3...g6 est la réponse la plus jouée. Les noirs disposent aussi d’un système alternatif, connu sous le nom de Système Pribyl ou Défense Tchèque, qui débute par le coup 3...c6. On observe fréquemment une transposition dans une Pirc lorsque les noirs jouent par la suite ...g6. Ils peuvent aussi essayer ...Da5 et ...e5 pour venir défier le centre des blancs, ou bien se développer sur l’aile-dame par ...b5.

1.e4 d6 2.d4 Cf6 3.f3 constitue pour les blancs un choix plutôt inhabituel, quoi que raisonnable. L’ancien champion du monde Garry Kasparov a réussi à surprendre le GM américain Yasser Seirawan avec ce mouvement : après 3...g6 4.c4, Seirawan, dépité, se vit dans l’obligation de défendre une Est-Indienne, pour la première fois de sa vie. Le coup 3…e5 permet aux noirs d’éviter l’Est-Indienne, et éventuellement d’atteindre une position typique de la Vieille Indienne. Sur 3…d5, on peut transposer dans une variante Classique de la défense française, après 4.e5 Cfd7 5.f4 e6 6.Cf3, dans une variante Tarrasch de la défense française, après 4.e5 Cfd7 5.f4 e6 6.c3 c5 7.Cd2 Cc6 8.Cdf3, et même dans un gambit Blackmar-Diemer - avec un temps d’avance pour les blancs - après 4.Cc3 dxe4 5.Fg5 exf3 6.Cxf3.

Les noirs ont la possibilité de s’écarter de la ligne officielle par 1.e4 d6 2.d4 Cf6 3.Cc3 e5. De nombreux GMs ont essayé cette ligne (récemment, Azmaiparashvili, Felgaer, Gagunashvili, Eljanov, Ivanisevic, Damljanovic et Bauer l’ont tentée). On sait que 4.dxe5 est égal, et la partie va normalement se poursuivre 4...dxe5 5.Dxd8+ Rxd8 6.Fc4 Fe6 7.Fxe6 fxe6. Les blancs peuvent tout aussi bien transposer dans une défense Philidor, avec 4.Cf3.


1.2 L’attaque Autrichienne

1.e4 d6 2.d4 Cf6 3.Cc3 g6 4.f4.

En disposent leurs pions en d4, e4 et f4, les blancs établissent un centre de pions imposant; leur plan va alors consister à pousser au centre, et éventuellement à lancer une attaque sur l’aile-roi (l’Attaque Autrichienne); les noirs procèdent par contre-attaque : ils jouent souvent …c5 pour exploser le centre. Jan Timman a employé cette variante avec succès, aussi bien avec les noirs qu’avec les blancs. Yuri Balashov obtient de bons résultats avec les blancs, tandis que Valery Beim enregistre un score impressionant avec les noirs.


1.3 Système Classique (des Deux Cavaliers)

Le Système Classique (des Deux Cavaliers) débute par les coups 1.e4 d6 2.d4 Cf6 3.Cc3 g6 4.Cf3. Les blancs créent un centre fort, et les noirs roquent rapidement et construisent une structure compacte, facile à défendre. Les blancs doivent organiser une attaque sans échanger trop de pièces. Efim Geller, Anatoly Karpov et Evgeni Vasiukov ont adopté ce système avec les blancs. Avec les noirs, Zurab Azmaiparashvili enregistre un score impressionant.


1.4 Attaque Argentine et variante des 150 attaques

Le shéma défensif Fe3 + Dd2 est tout à fait banal face à la défense Est-Indienne et la Sicilienne Dragon, alors pourquoi pas face à la Pirc? A vrai dire, ce système est aussi vieux que la Pirc elle-même. Et le système Fe3 est la variante qui est gratifiée du plus haut pourcentage de victoires pour les blancs, avec 48%, selon la base de données Chessgames.com.

Le système 4.f3 fut présenté par les Argentins dans les années 1930, puis à nouveau dans les années 1950. Ce système n’a jamais été considéré comme dangereux pour les noirs, à cause de la ligne : 4.f3 Fg7 5.Fe3 c6 6.Dd2 b5. Vers 1985, il prit du plomb dans l’aile, lorsque Gennady Zaitchik démontra que les noirs pouvaient roquer malgré tout, et jouer un dangereux gambit : 5...0-0 6.Dd2 e5.

Les Argentins craignaient la sortie du cavalier en g4. Un certain nombre de joueurs, en particulier des joueurs Anglais (Hebden, Motwani, Lane, et également Adams, plus tard) s’aperçurent que …Cg4 était en réalité surtout dangereux pour les noirs. Ils se mirent donc à jouer Fe3 et Dd2 dans toutes sortes d’ordres de coups, mais se passèrent de f2-f3.

La seule situation dans laquelle l’idée originale Argentine soit viable est probablement : 4.Fe3 Fg7 5.Dd2 0-0 6.0-0-0 c6 (ou Cc6) 7.f3 b5 8.h4. Mais très souvent, les noirs ne roquent pas : ils préfèrent 5...c6, voire 4...c6. Faut-il ou non jouer Cf3, et si oui quand, la question reste en suspens.


1.5 Autres systèmes

Les blancs disposent d’autres approches : jouer Fc4, Fg5, ou fianchetter leur fou-roi (4.g3 puis 5.Fg2).


2 – Parties illustratives

Dans la partie qui suit, Azmaiparashvili se sert de la Pirc pour vaincre Anatoly Karpov, alors champion du monde.

Karpov-Azmaiparashvili, Championnat d’URSS, Moscou 1983


L’immortelle de Kasparov; sacrifice de tour et de cavalier. Kasparov vs Topalov, Wijk aan Zee 1999


Tal le magicien; sacrifice de tour. Mikhail Tal vs Tigran Petrosian, Moscou 1974


Bijou des candidats; sacrifice de fou. Robert James Fischer vs Viktor Korchnoi, Curacao 1962

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Sacrifice “Cheap’s”; Hikaru Nakamura vs Ilya Smirin, Foxwoods Open 2005