Défense Grünfeld 

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La Défense Grünfeld (sections ECO D70 à D99) est une ouverture caractérisée par les coups :

1. d4 Cf6 2. c4 g6 3. Cc3 d5

grunfeld

Cette ouverture s’appuie sur l’un des principes essentiels développés par l’école Hypermoderne (qui fit son entrée sur la grande scène échiquéenne dans les années 1920), à savoir : un large centre de pions peut être un désavantage plutôt qu’un atout.

1 Histoire

C’est Ernst Grünfeld qui a donné son nom à cette ouverture; c’est le premier joueur à avoir utilisé cette défense, dans les années 1920. Notons que, c’est assez drôle, le style de Grünfeld était habituellement tout à fait classique. La Grünfeld fut adopté plus tard par de nombreux joueurs de premier plan, comme Vasily Smyslov, Viktor Korchnoi ou Bobby Fischer. Garry Kasparov s’en est souvent servi; en particulier à l’occasion de ses matchs de championnat du monde contre Anatoly Karpov en 1986, 1987 et 1990, et contre Vladimir Kramnik en 2000. En ce moment, plusieurs forts joueurs tentent des Grünfelds à haut niveau : Loek Van Wely, Peter Svidler, Peter Leko ou encore Luke McShane.

La partie du siècle, qui opposa Donald Byrne à Bobby Fischer (13 ans) le 17 Octobre 1956, débuta par une Grünfeld (à vrai dire, par transposition) :

1. Cf3 Cf6 2. c4 g6 3. Cc3 Fg7 4. d4 O-O 5. Ff4 d5.


2 La variante d’échange

La ligne officielle de la Grünfeld, la variante d’échange (sections ECO D85 à D89) est définie par la suite de coups : 4.cxd5 Cxd5 5.e4. On constate que le centre des blancs a l’air très fort – et la suite la plus souvent rencontrée, 5...Cxc3 bxc3, le renforce encore un peu plus. Les noirs attaquent généralement le centre blanc par ...c5 et ...Fg7, souvent suivis de coups tels que ...cxd4, ...Fg4, ou ...Cc6. Les blancs, pour leur part, utilisent fréquemment leur bonne position au centre pour lancer une attaque contre le roi noir, qui s’achève la plupart du temps sur la case g8, après que les noirs aient effectué un petit roque. Karpov joua la variante de Séville dans de nombreuses rencontres (y compris 4 fois dans son match de championnat du monde contre Kasparov à Séville, en Espagne en 1987) : 1.d4 Cf6 2.c4 g6 3.Cc3 d5 4.cxd5 Cxd5 5.e4 Cxc3 6.bxc3 Fg7 7.Fc4 c5 8.Ce2 Cc6 9.Fe3 O-O 10.O-O Fg4 11.f3 Ca5 12.Fxf7+.

Ensuite, les joueurs aiment bien poursuivre : 12...Txf7 13.fxg4 Txf1+ 14.Rxf1.

Plusieurs choix sont à la disposition des blancs pour développer leurs pièces dans la variante d’échange. Des décades durant, la théorie a soutenu que la seule manière correcte pour les blancs de se développer était de jouer Fc4 et Ce2, souvent suivis de 0-0 et f5, avec attaque en perspective. Jouer Cf3 tôt dans la partie était considéré comme faible dans la variante d’échange, parce que cela permettait aux noirs d’exercer une pression importante au centre par ...Fg4. Depuis la fin des années 1970, toutefois, Kasparov et d’autres ont trouvé des façons plus appropriées de jouer cette variante avec les blancs : entre autres, jouer rapidement Tb1 permet d’éloigner la tour de la grande diagonale et de la rendre ainsi moins vulnérable, tout en rendant plus ardu le développement du fou-dame des noirs. Autre progrès théorique récent : jouer rapidement Fe3, Dd2, et Tc1 ou Td1 permet de fortifier le centre blanc, de mettre la tour à l’abri, et de permettre la poussée d5.

Vladimir Kramnik et Boris Gelfand sont les plus grands pratiquants de la Grünfeld avec les blancs, et Lubomir Ftacnik a obtenu beaucoup de bons résultats avec les noirs.


3 Les lignes avec 4.Ff4 et le Gambit Grünfeld

Pour les joueurs moins aventureux, qui ne souhaitent pas se plonger dans les complexités de la variante d’échange, le coup 4.Ff4 apparaît comme une suite relativement sûre pour les blancs. Ceux-ci optent ainsi pour l’initiative sur l’aile-dame, avec un centre de pions plus réduit. Dans la ligne principale (D82), la partie se poursuit par 4...Fg7 5.e3 c5 6.dxc5 Da5 ; à ce moment du match, les blancs ont le choix entre plusieurs coups : cxd5, Db3, Da4 ou Tc1. Malgré sa bonne réputation, les bases de données statistiques montrent que cette variante n’offre aux blancs qu’un pourcentage légèrement plus haut de victoires et de nulles que la variante d’échange. On ne rencontre que très rarement les lignes avec 4.Ff4 au top-niveau : sa fréquence d’utilisation a diminué de manière significative depuis son apogée dans les années 1930.

Dans cette variante, la partie peut également se poursuivre ainsi : 4. Ff4 Fg7 5.e3 O-O; on parle alors de Gambit Grünfeld (section ECO D83). Les blancs peuvent accepter le gambit, en continuant de cette manière : 6.cxd5 Cxd5 7.Cxd5 Dxd5 8.Fxc7, ou bien le refuser : 6. Db3 ou 6. Tc1, ce à quoi les noirs répondent 6...c5.


4 La Défense Néo-Grünfeld

Les systèmes dans lesquels les blancs retardent le développement de leur cavalier-dame en c3 sont connus sous le nom de Défense Néo-Grünfeld (sections ECO D70 à D79); la plupart du temps, l’ordre des coups va être soit 1. d4 Cf6 2. c4 g6 3. f3 d5, soit 1. d4 Cf6 2.c4 g6 3. g3 d5 (la variante Kemeri).


5 Autres variantes

En plus des variantes mentionnées ci-dessus, il en existe d’autres, dont les plus populaires sont :



Variante d'échange
Variante Taimanov
Gambit Grünfeld
grunfeld échange
grunfeld-taimanov
gambit grunfeld