Défense Polonaise 

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On appelle Défense Polonaise une séquence d’ouverture dans laquelle les noirs jouent très tôt …b5. Le nom « Défense Polonaise » est analogique à l’ouverture Polonaise 1.b4.

défense polonaise

La ligne originale est : 1. d4 b5, telle qu’elle fut jouée par Aleksander Wagner, un joueur polonais et analyste en ouvertures, face à Kuhn, lors du championnat de Suisse par correspondance 1913. Wagner publia une analyse de l’ouverture dans Deutsches Wochenscach en 1914, alors qu’il vivait à Stanislau, Galicia, Autriche-Hongrie (aujourd’hui Ivano-Frankivsk, Ukraine). Plus tard, le même nom fut donné à la suite de coups 1. d4 Cf6 2. Cf3 b5, et d’autres variantes, dans lesquelles les noirs ne jouent …b5 qu’au second ou au troisième coup, furent appelées Défense Polonaise Différée.

Avec ...b5, les noirs tentent de prendre le contrôle de c4, mais 1.d4 b5 est généralement jugé douteux, après 2.e4, menaçant 3.Fxb5. Modern Chess Openings (MCO-14, 1999) aloue à la Polonaise deux colonnes, indiquant que les variantes dans lesquelles les noirs patientent et jouent 2...b5 au lieu de 1...b5 sont plus sûres. Les éditions antérieures de MCO n’offraient à la Polonaise qu’une seule colonne d’analyse, et n’envisageaient que les lignes de type 2...b5. MCO-9 (1957), établit que la Polonaise "échoue parce qu’elle néglige le centre". Ce verdict négatif se voit quelque peu adouci dans l’édition suivante, MCO-10 (1965), qui déclare que la Polonaise "néglige le centre, mais n’est pas réfutée". MCO-12 (1982) maintient le jugement de “non-réfutation” et ajoute que la Polonaise peut être obtenue par transposition à partir du système Réti. Nous devons ajouter toutefois que tous les avis ne sont pas aussi tendres. Par exemple, I. A. Horowitz, en 1964, jugeait la Polonaise 1…b5 “dépourvue de tout intérêt”.

La Défense Polonaise est étroitement liée à la Défense Saint George (1.e4 a6, souvent suivis de 2.d4 b5) dans laquelle elle se voit souvent transposée. Boris Spassky joua 1.d4 b5 contre Tigran Petrosian lors de la partie décisive (la 22ème partie) de leur match de championnat du monde en 1966. Spassky égalisa avec les noirs, mais refusa une possibilité de nul, car il avait un point de retard face à son adversaire, et avec seulement trois parties restant à jouer, il était quasiment obligé de jouer pour la victoire. Petrosian remporta la partie, et conserva ainsi son titre.

La polonaise peut être employée pour combattre certaines variantes de l’ouverture Réti ou de l’AEI. En particulier, 1.Cf3 Cf6 2.g3 b5 est une ouverture tout à fait respectable, qui a été utilisée avec succès par l’ancien champion du monde Anatoly Karpov, entre autres. …b5 permet ici aux noirs de fianchetter leur fou-dame et d’interdire aux blancs d’avancer leur pion c en c4 (ce qui constitue souvent une possibilité intéressante). Notons qu’ici, 3.e4 permettrait 3...Cxe4 et que, selon toute vraisemblance, les blancs feraient mieux de fianchetter leur fou-roi plutôt que de le développer sur la diagonale f1-a6.

Position après : 1.Cf3 Cf6 2.g3 b5

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